Mineurs
dell’arte avance
et se précise. Nous avons travaillé cet été sur le texte, son contenu,
sa forme. Le premier point est qu’après plusieurs lectures, et comme
une évidence, la chorale ne fait pas partie du spectacle, sa présence
est superflue dans la vue d’ensemble et la scénographie. Par
contre est apparue comme une nécessité l’harmonie de Lens. Puis, pour
la présence indiscutable des femmes à la mine, nous avons invité la
comédienne Floriane Potiez pour interpréter les rôles féminins. (www.comoedia.org/Floriane-Potiez)
Luigi
et Anne, au mois d’août, sont allés à la rencontre d’anciens mineurs
et de leurs épouses en Auvergne, dans le Forez, région qui a connu
entre 1945 et 1980 l’exploitation de mines d’uranium. Prochainement,
vous trouverez sur le site les vidéos de ces rencontres et des photos
et articles dans le journal de création. Je laisse le soin à Luigi
de vous raconter son attachement personnel à cette histoire. Par ailleurs,
Anne travaille aussi sur les costumes.
Fin
août, Floriane et moi-même sommes allés explorer en stage d’approche
le jeu du clown. Ce qui nous a permis d’entrer dans le travail qu’exige
ce spectacle. Nous allons commencer sous quelques jours les répétitions.
Dans
ce voyage, nous nous investissons beaucoup, pour une réussite optimale.
C’est devenu une bataille économique, pour mener notre réalisation
à bon port, coûte que coûte et malgré les difficultés rencontrées.
Nous avons désormais de très grandes incompréhensions, des colères,
des coups de gueules « ch’est la rintrée », comme des interrogations
sur une époque, une politique, l’avenir de la culture. Et je n’évoquerai
pas mes amertumes personnelles, mon désarroi d’homme de gauche…
Le
spectacle Mineurs dell’arte,
l’exposition ART MINEUR,
en mémoire de la classe ouvrière et de l’immigration dans le Nord – Pas-de-Calais
sont construits avec les acteurs de ces temps. Tous sont intervenus,
tous participent à l’évolution, l’élaboration de ce travail. C’est
aussi leurs histoires qui sont racontées pour apprendre encore et toujours,
pour construire, avancer, rassembler, pour nous, acteurs de notre temps…
« Ce
sont les dons et la force de nos prédécesseurs qui nourrissent les
histoires que l’on raconte et que l’on écoute. D’après moi, ce qui
fait la force de la narration, c’est une haute colonne d’êtres humains,
unis dans le temps et dans l’espace, richement ou pauvrement vêtus
comme à leur époque ou encore dans leur nudité et pleins de la sève
d’une vie qui continue. S’il existe une source unique aux histoires,
c’est cette longue chaîne humaine. » (Extrait
de Femmes qui courent avec les loups de
Clarissa Pinkola Estés).
Et
malgré tout, face à un tel sondage de cette épopée humaine et charbonnière,
la Drac, la région Nord – Pas-de-Calais, ont choisi de ne
pas nous accompagner dans cette création : notre compagnie est
trop jeune et pas suffisamment connue de leur service culture.
Monsieur
André Dubuc, directeur du Centre historique minier de Lewarde, nous
a retiré son soutien suite à un malentendu et sans même prendre en
considération tout le travail déjà établi ou nous avoir laissé la possibilité
de discuter.
La
production de Mineurs dell’arte serait-elle
en danger ?
Et
pourtant la réalisation se fera, malgré tout. Une équipe comme la nôtre
était à mille lieues d’envisager une telle situation. Comment
pouvait-on supposer qu’une telle démarche soit jugée ainsi, sur la
forme et non sur le fond ? Imaginez la réaction des anciens mineurs
lorsque nous leur racontons tout ceci…
Nous
avons demandé leur appui politique aux villes partenaires. Monsieur
Guy Delcourt, maire et député de la ville de Lens, nous a fait part
de son soutien et de celui des responsables culturels de sa ville (Lens,
création le 5/12/2008). Monsieur Jean-Jacques Potaux et l’équipe du
Printemps culturel du Valenciennois (avec les communes respectives)
nous accompagne au plus près (représentation à Haveluy le 17/01/2009),
ainsi que le service Culture de la ville d’Auby (représentation le
7/12/2008). Le maire et l’adjointe à la Culture de Sin-le-Noble nous
apportent également leur dynamique (dates de représentation à venir).
À chacun et à tous, merci.
À
cette heure, nous recherchons des partenariats privés.
Nous
sommes prêts à encore soulever des montagnes et pour cela, tous les
soutiens nous sont vitaux.
Bonne
rentrée à toutes et à tous, et place à une ligne droite, celle du spectacle,
de l’exposition, en hommage à tous ces héros de leurs vies.
Pour
l’équipe,
Stéphane
Ropa
P.S. :
« C’est la rentrée », qu’y disent, c’est l’heure, on le gueule.
Les médias, les journaux, on gueule « le pouvoir d’achat »,
on gueule ! C’est la rentrée, avec des enfants qui sourient, d’autres
qui pleurent… On gueule à gauche, s’engueule, se dégueule. Oh hé, « Ch’est
la rintrée » qu’y disent ! Moi aussi j’ai envie de gueuler !