"Je garde vos témoignages comme un gosse garde ses cailloux dans la poche" |
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Paco,
euch grind deul fosse 31, con ! |
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| Vue de Roffin, depuis chez Gabot, commune de Lachaux, Puy de Dôme | ||||||||||||||||||||||
Les gueules blanches du
Forez |
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Vendredi
22 août 2008, 13 heures, c’est les vacances…
1924, M. Thave maire de Ris, minéralogiste à ses heures, découvre de l’uranium sous forme d’autunite, chalcolite et parsonsite à “Bancherelle” et “Roffin” sur les communes de Ris et Lachaux. Parallèlement M. Demarty de Chamalières qui prospecte en Auvergne, découvre lui aussi du minerai plus à l’est de Lachaux, chez “Bigay”. Une guerre de parcelles se déclenche entre les deux hommes, c’est M. Thave qui obtiendra la concession le 22 octobre 1929 par décret ministériel. Il exploitera l’uranium à “Roffin”, le filon affleure le sol sur 40 mètres, on creuse une tranchée… Le minerai ainsi récupéré sert à fabriquer du radium pour les premières radiothérapies, découverte de Marie Curie. Pendant ce temps la population regarde tout ça d’un œil amusé et bienveillant, trop occupée aux travaux des champs (polyculture et élevage sur des petites parcelles) : les hivers sont rudes dans ce pays, on travaille à domicile pour les coutelleries, on est sabotier ou vannier. 1939,
arrive la “drôle de guerre” et l’Occupation. Le pays souffre, le gouvernement
s’installe à Vichy, Pierre Laval est de Châteldon, on le voit passer
parfois le matin à Ris dans sa limousine noire partant à son sale boulot…
Les otages sont nombreux dans le coin, beaucoup sont envoyés à Dachau
ou Auschwitz via Compiègne, en 44 le maire de Lachaux mourra dans le
train de la mort dans les bras de son ami, Alexis Bert, revenu miraculeusement
au pays à la Libération. Ce dernier racontera une fois rentré qu’en
traversant Ris, durant la descente de Lachaux à la gare de Vichy dans
le camion de l’armée allemande, il a passé la tête hors de la bâche
pour voir une dernière fois son pays. Il a aperçu une petite fille
de 11 ans un peu affolée, il lui a fait un signe, elle a dû lui répondre,
mais un des gardes allemands l’a assommé à coups de crosse, il s’est
réveillé à la gare. Il dira plus tard à cette enfant devenu femme que
cette “vision” l’a souvent aidé à ne pas mourir au camp… Cette petite
fille, est devenue ma tante, Ninette Collonges. Août
1945, Hiroshima, la bombe résonne jusqu’en Europe, le gouvernement
de la Libération crée le Commissariat à l’Énergie Atomique qui se lance
dans un grand travail de prospection d’uranium à travers toute la France.
Début 46 il rachète à M. Thave sa concession pour la somme de vingt
millions de francs. Les prospecteurs du CEA débarquent à Lachaux du
27 mars au 29 avril 1946, puis du 23 juillet au 22 août, le 25 octobre
une mission fixe s’installe dans la commune, on embauche et on commence
à creuser à “Roffin” un travers-banc (galerie directement dans le filon
à partir du sol, sans puits). Le 2 janvier 1947 le CEA crée un service
de recherche à Lachaux. Le 23 août 1947, le ministre de l’Industrie
et du Commerce, Robert Lacoste, signe le décret qui entérine le rachat
par le CEA de la concession de M. Thave. Début 48 on crée une “laverie”
à “Roffin”, usine de concentration mécanique des minerais, comparable
à une grande battée utilisée pour l’orpaillage, l’uranium est un métal
lourd. Elle deviendra chimique en 52 (voir les explications techniques
d’Émile Bargoin). En 1949 ils sont 210 à travailler à la mine, en juin
l’Exploitation de Lachaux devient Division Minière. En 1950 on creuse
un puits à “Bigay”, puis en octobre 51 à “Bancherelle” et à l’étang
de “Reliez”. Parallèlement on découvre des filons très prometteurs
à Saint-Priest-La-Prugne à une vingtaine de kilomètres de là dans le
département de la Loire. En octobre1955 on ferme la Division de Lachaux
pour exploiter à Saint-Priest le gisement des Bois Noirs riche en pechblende,
les 450 travailleurs sont reclassés dans les nouvelles installations. Si
je vous parle de tout ça, c’est que mon grand-père, Julien Bargoin
de Ris, a fait partie de ces pionniers. Comme tant d’autres il s’est
jeté à corps perdu dans cette aventure, un travail inespéré après ces
années de guerre. De bons salaires, le sentiment de participer au redressement
de la France dans un travail symbole de modernité et de progrès, d’indépendance
du pays après l’Occupation. Il était boute-feu, artificier, posant
les bâtons de dynamité en front de taille pour prolonger la galerie.
Lui et ses camarades auraient dû attendre que la poussière retombe
après l’explosion, dans ces galeries de roche riche en silice… Mais
ils étaient payés à l’avancement, les primes étaient bonnes, ils repartaient
au piquage, à l’abattage ! Au boisage ! Le perforateur préparait
les trous, Julien reposait les bâtons de dynamite qu’il bourrait, tirait
les fils et… Boum ! À hue, à hue ! Philippe
“Luigi” Olivier, le 7 septembre 2008. |
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Pierre Ponce surnommé Péricot espagnol, Joseph Cartailler de Lachaux, Julien Bargoin de Ris, Paul Virgoulet, Xavier des Ligneries chef de division de Nancy, Jean-Baptiste Besson de St Priest Brammefant et Marcel Dajou. |
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